Mémorisation et l’apprentissage des langues

Mémorisation et l’apprentissage des langues : comment leur faire faire bon ménage ?

Comprendre le lien entre la Mémorisation et l’apprentissage des langues est important pour les apprenants comme pour les formateurs natifs. Glotte-Trotters vous livre ci-dessous les notions clés.

Mémorisation et  l’apprentissage des langues : le rôle clé de 2 aires cérébrales

Lorsqu’on apprend une langue étrangère, deux aires cérébrales entrent en jeu : l’aire de Wernicke et l’aire de Broca. La première permet de comprendre les langues. Elle ne distingue pas les différentes langues qui, pour elle, forment une entité globale. La deuxième permet de s’exprimer à l’oral dans une autre langue. Chaque langue y est différenciée des autres et compartimentée, sauf pour un cas particulier : le cas des enfants bilingues ou multilingues. Comme plusieurs langues sont apprises simultanément, le cerveau ne les distingue pas l’une de l’autre. C’est pourquoi ces enfants passent de l’une à l’autre si facilement.

Mémorisation et  l’apprentissage des langues :  les indispensables

  • L’adéquation du contenu proposé et du projet de l’apprenant : Stanislas Dehaene a montré l’attention sert à sélectionner les informations, module massivement l’activité cérébrale et facilite l’apprentissage. Mais l’attention peut être sélective. Nous apprenons et mémorisons en fonction d’un projet de mémorisation et tous les stimulis non pertinents dans le cadre de ce projet sont évacués par le cerveau, ils deviennent littéralement invisibles.
  • La métacognition aide à comprendre comment chacun réfléchit, compte, écrit. En anglais, par exemple, pour vous souvenir du mot tablecloth qui signifie nappe, vous pouvez décomposer le mot en deux parties : « table » d’un côté – qui signifie la table – et de l’autre « cloth » qui signifie le tissu. Vous arrivez ainsi à la signification du mot : le tissu pour la table, c’est-à-dire la nappe ! C’est en réfléchissant sur sa manière de faire et en en parlant qu’elle comprend comment son cerveau apprend. On appelle cela la métacognition.
  • L’analogie est un moyen, naturel chez l’enfant, de repérer des similitudes entre des personnes, objets, mots…  En faire un procédé conscient aide à apprendre et mémoriser. En fait, la mémoire sémantique (ou mémoire du sens des mots et phrases) permet de choisir les mots dont nous avons besoin pour exprimer ce que nous voulons dire ; les mots sont alors mis dans l’ordre attendu par la langue. Différents « tiroirs » (en réalité des zones qui stockent des savoirs, notions, concepts) servent à ranger des informations qui présentent des traits analogues. Le cerveau décrit, compare, classe, ce qui permet d’apprendre, même si ce n’est pas conscient. L’étymologie est sans doute le moyen mnémotechnique le plus utilisé pour les langues. C’est d’ailleurs grâce à ces associations d’idées que nous apprenons si facilement les langues latines : nous sommes en mesure de nous rattacher à des éléments déjà familiers. Dans le domaine de l’apprentissage des langues, lorsque nous apprenons de nouvelles phrases ou du nouveau vocabulaire, il est important de les associer à des illustrations mentales. La création de  cartes heuristiques est un bon support pour la mémorisation du vocabulaire en langue étrangère. En effet, une représentation visuelle du fonctionnement du cerveau permet de refléter la réflexion, la connaissance, la mémoire et de stimuler la créativité. Les « mindmaps » facilitent ainsi la construction du savoir et de la réflexion en exploitant le fonctionnement naturel du cerveau : association d’idées, utilisation de la couleur et des images pour une meilleure mémorisation. La mémoire associative est un puissant accélérateur de mémoire. Une chose nous en rappelle une autre, qui nous en rappelle une autre, etc.  C’est pourquoi vouloir apprendre des listes de vocabulaire de la même manière qu’on apprendrait la liste de toutes les capitales du monde serait fastidieux et inefficace à long terme.
  • La catégorisation permet de comprendre le monde en regroupant des connaissances en fonction de critères identifiables. Un même mot peut être rangée dans plusieurs tiroirs, c’est-à-dire appartenir à plusieurs catégories. Ainsi, le nom « bow » en anglais peut désigner, selon le contexte, un nœud, un arc ou un archet.

Mémorisation et  l’apprentissage des langues : le rôle clé des échanges oraux en réception et production

Le formateur en langues étrangères doit guider les apprenants lors des échanges oraux en réception comme en production. Les supports de cours et plans de travail spiralaires construits par Glotte-Trotters dotent formateurs comme stagiaires de stratégies destinées à faciliter la réalisation de la tâche communicative demandée. Ces stratégies doivent ensuite faire l’objet d’une prise de conscience afin que chaque individu puisse y recourir de manière autonome dans un autre contexte.

Bien que quotidienne et naturelle, la production orale dépend de  fonctionnements complexes. Les connaître permet d’améliorer sa parole et répondre aux compétences attendues.

Pour mémoriser du vocabulaire, il est indispensable de mémoriser chaque mot dans son contexte.  Le vocabulaire d’une autre langue doit s’apprendre dans le cadre d’échanges oraux et de jeux avec les mots.  Cet apprentissage se fait en trois étapes clés :

  • L’encodage, qui correspond à la formation de traces mnésiques, des sortes de souvenirs inconscients.
  • La consolidation qui consiste à stocker les informations dans la durée.

La récupération, c’est-à-dire le moment où on “rappelle” les souvenirs afin de les réutiliser. Si vous ne vous rappelez pas d’un mot, cherchez une alternative ou décrivez ce que vous voulez dire. De cette manière, non seulement vous ferez travailler vos synapses, mais vous retiendrez plus facilement ce que vous apprenez.

Mémorisation et  l’apprentissage des langues : pour conclure

L’apprentissage d’une nouvelle  langue permet de renforcer le cerveau. En effet, plus une zone spécifique du cerveau est sollicitée, plus elle se développe et se renforce, ce qui permet de dynamiser la santé de nos réseaux de neurones. Les capacités cognitives s’en trouvent alors améliorées, ce qui veut dire que vous aurez une meilleure capacité à réfléchir rapidement, vous concentrer et à filtrer les informations non pertinentes. Passer d’une langue à l’autre rend votre cerveau plus flexible et lui permet d’établir plus facilement les priorités.

Pour finir, un conseil de lecture :

Neurosciences et cognition, Perspectives pour les sciences de l’éducation de Pierre-André Doudin et Eric Tardic.



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